EVENEMENT : Festival des Architectures Vives

Rédigé par Clothilde FEUGEAS
Publié le 30/07/2021

La 15e édition du Festival des Architectures Vives s’est tenue du 6 au 10 juillet 2021 à Montpellier. La thématique annuelle, Transition, a réuni de nombreuses installations intégrées au cœur de la ville historique, sur des sites au caractère patrimonial fort. Parmi ces installations, quelques-unes ont été construites en bois.

Organisé depuis 2006 par l’association Champ Libre, présidée par les architectes Elodie Nourrigat et Jacques Brion, le Festival des Architectures Vives propose chaque année un parcours architectural au cœur de la ville historique de Montpellier. Les installations éphémères, à destination du grand public, étaient installées dans des hôtels particuliers et cours intérieures, du 6 au 10 juillet dernier. Le festival a notamment pour but de sensibiliser le grand public à l'architecture, de mettre en avant une jeune génération d'architectes et de faire découvrir des lieux du patrimoine urbain inattendus, souvent privés.
Pour sa 15e édition, le Festival des Architectures Vives avait pour thématique Transition. Interrogeant à la fois la transition sur les plans environnemental, écologique, numérique, économique, du travail, ou humain, les équipes de concepteurs ont pu réfléchir au caractère intermédiaire de cette notion au travers de leurs installations. Entre prise de risques et engagement environnemental, le festival attendait dans son sujet des projets intégrant la connaissance d’un passé, la conscience d’une présence et la création d’un avenir. 

Parmi les installations exposées, deux mobilisaient tout particulièrement le bois.

Sablier – David Oliva Torras, Elisenda Planas Costa et Anna Juncà i Frigola, de l’atelier 4 et de SP25 Arquitectura (Barcelone, Espagne)

Atelier4 et SP25 Arquitectura, collaborateurs espagnols réguliers, ont réalisé une installation présentant l’état intermédiaire dans lequel nous devons prendre conscience de ce qui nous entoure pour pouvoir l’améliorer. La forme du projet est celle d’un élément archétypal de l’architecture, la maison, ramenée à sa géométrie la plus simple. Les 5 répétitions du même module permettent de donner du volume et de la profondeur à l’œuvre. Une lumière allumée au centre symbolise le confort du foyer et l’espoir. La structure de la maison se reflète sur une couche d’eau au sol, amplifiant ainsi la dimension de la cour. De par la symétrie offerte par l’eau se révèle la forme d’un sablier, image de la mesure du temps. 

4harps – YESOBAZA (Saint Etienne, France)

Marie Dinis, architecte, Guillaume Peyret, designer et musicien, et Steven Servanton, développeur, questionnent ici la notion de transition par l’intermédiaire de la forme de la harpe. Concepteurs d’une architecture qui se veut interactive, l’alliance de leurs secteurs d’activité complémentaires permet d’explorer le lien entre espace et numérique pour que les usagers puissent expérimenter leur lien avec l’installation, entre contemplation et action. Le choix de la harpe s’explique par le fait que la musique, comme l’architecture, est l’un des premiers arts de l’histoire. Travaillant ici sur la transition numérique, le trio indique avoir souhaité concevoir un instrument de musique confondu dans le mobilier urbain tout en créant une dualité par la forme d’un objet ancestral et universel. Concrètement, un son est généré au toucher des câbles en acier des harpes par vibration, variant pour chaque câble. Il s’agit donc ici de proposer un passage fonctionnel pour le corps et l’esprit à l’image d’une transition pédagogique et sensible.


Un autre projet intègre quant à lui le roseau comme matériau principal dans une cour largement marquée par la pierre.

La venelle gardiane - Gauthier Martinez, Alexandre Lahaye, Thomas Pourteyroux, Justine Guyard, Charlie Granjon, de l’atelier MICROMEGA (Lyon, France)

Composée d’architectes, urbaniste et paysagiste, cette équipe a développé, au sein de son collectif, une réflexion sur des modes d’intervention pour créer, fabriquer, échanger, avec les usagers et les matériaux, l’espace et le territoire. Leur travail mêle détournement, évocation et immersion. La conception responsable, autour des savoir-faire et des ressources locales, figure également au cœur de leur activité. Véritable « monolithe de roseaux », cette installation joue sur les clairs-obscurs permis par les porosités entre les tiges. Elle évoque selon ses concepteurs « la cabane de gardian » camarguaise, laquelle est l’habitation des gardiens de troupeaux de taureaux ou de chevaux. Immersive, l’installation ici proposée réinterprète cette architecture traditionnelle locale, historiquement construite intégralement en roseaux. Le contraste entre le monolithe de pierre qu’est la cour et le monolithe de roseaux qu’est l’installation révèle l’intimité de la cour, entre urbanité et ruralité. 

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