PATRIMOINE & TECHNOLOGIE / Notre-Dame numérisée

Rédigé par Sarah ADOR
Publié le 07/07/2019

Article paru dans le Séquences Bois n°121

Si la reconstruction à l’identique ne fait pas l’unanimité parmi la communauté des architectes, entre ceux qui voudraient profiter de l’incendie pour construire de manière plus contemporaine et ceux qui voudraient garder les ruines, il semblerait que l’on dispose néanmoins de moyens sérieux pour connaître très précisément l’état de la cathédrale avant sa combustion partielle. 

En effet, en 2013, le professeur d’art Andrew Tallon (Université de Vassar, USA) avait numérisé l’intégralité de la cathédrale – y compris l’intérieur de ses murs, ainsi que ses moindres défauts - à l’aide d’un scanner laser Leica Geosystems, dans le cadre de son projet Mapping Gothic, qui visait à comparer plusieurs édifices gothiques tels que les cathédrales de Beauvais, de Chartres, de Canterbury, ainsi que la basilique de Saint-Denis. Il était parvenu à relever plus d’un milliard de points depuis 50 points de vue différents, ce qui lui avait permis d’obtenir une maquette d’une précision finale de l’ordre de cinq millimètres avec un point tous les deux centimètres. Des entreprises disposent également de relevés partiels, avec une précision encore plus importante : Art Graphique et Patrimoine (AGP), Targo, Life 3D et Ubisoft. Néanmoins, en plus d’un travail de complétion qu’il reste encore à mener chez ces derniers, les nuages de points obtenus devront ensuite être convertis en maquette BIM, qu’il sera nécessaire de comparer à celle de l’état actuel afin d’identifier précisément les dégâts et les points de danger. Par ailleurs, reconstruire à l’identique nécessiterait l’emploi de 1 300 chênes de plus de 150 ans d’âge. Si cette idée est très décriée, plusieurs organisations et entreprises ont d’ores et déjà proposé un don : l’assureur Groupama a promis de fournir gratuitement tous les chênes nécessaires ; le syndicat filière bois (SFB) s’est engagé à donner ses plus beaux spécimens ; et la fondation Fransylva, qui réunit les 3,5 millions de propriétaires des forêts françaises, a proposé que chacun de ses adhérents offre un chêne pour la reconstruction. Autant de paramètres qui font quelque peu pencher la balance, mais qui ne devraient en aucun cas brusquer la décision, dont les incidences techniques, structurelles, sécuritaires, économiques, patrimoniales et touristiques sont loin d’être à prendre à la légère. 

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