BIM et construction bois : une familiarité de longue date

Rédigé par Sarah ADOR
Publié le 31/03/2021

Article paru dans le Séquences Bois n°130

Lors d’une webconférence organisée le 28 janvier par le CNDB en collaboration avec l’éditeur de logiciels Abvent, les architectes Christophe Ouhayoun (KOZ), Anne-Cécile Comar (Atelier du Pont), Edouard Molard (Archipente) et Clément Duroselle (WAO Architecture) ont partagé leur expérience des maquettes numériques et du BIM dans la conception de bâtiments en structure bois. 

Très tôt convaincues par la construction bois, les agences KOZ et Archipente sont de celles qui ont appris de leurs collaborateurs charpentiers, qui maîtrisaient déjà la modélisation 3D dans les années 2000. En effet, « la construction bois est celle qui a le plus bénéficié du développement des solutions numériques de ces 30 dernières années », explique Abvent. Livré en 1997, le Lycée de l’Albanais de Rumilly (74), un des premiers construits en bois, avait par exemple été entièrement conçu en 3D, via Cadwork, un logiciel de charpente Suisse. La modélisation était partagée entre les architectes d’Archipente (qui avaient adopté le logiciel dès 1992), les ingénieurs structure bois Jacques Anglade et Wolfgang Winter, et les charpentiers de Charpente Roux. De l’open BIM avant l’heure ! Le fichier de découpe numérique avait même été exporté depuis la modélisation. Les architectes en sont venus au BIM tel qu’on l’entend aujourd’hui en 2015, en intégrant les fluides modélisés sur le logiciel REVIT et la structure montée sur Cadwok dans un modèle Archicad. Chaque profession ayant tendance à utiliser un logiciel différent, la question de la compatibilité est devenue un vrai enjeu. Christophe Ouhayoun mentionne à ce sujet certaines déficiences des modules d’export, qui empêchent à l’heure actuelle de partager un langage commun sans perdre de données. Si l’export vers Cadwork est aujourd’hui possible, il note aussi que les amendements finaux des charpentiers (ajout des ferrures par exemple) ne sont malheureusement pas réintégrés dans la maquette globale. Interrogée au sujet de la modélisation des tavaillons du projet Woody, siège de Santé Publique France (à retrouver dans notre numéro 128 – Architectures médicinales), Anne-Cécile Comar explique quant à elle que les maquettes BIM sont à la fois trop précises dans leur composition et trop imprécises en terme d’effet de matières pour réaliser des images de synthèse, ce qui oblige systématiquement son équipe à réaliser un doublon de la maquette dans d’autres logiciels comme SketchUp, en version simplifiée. Malgré ces quelques déficiences constatées, les quatre architectes, engagés sur de nombreux projets bois, explorent actuellement la collaboration sur des maquettes 3D, et sont non seulement pleinement convaincus de l’intérêt des maquettes numériques mais aussi en développement perpétuel de nouvelles manières de les utiliser. [...]

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