CLASSEMENT - Les agences d'architecture et bureaux d'études engagés pour une architecture bas carbone

Rédigé par Sarah ADOR
Publié le 01/09/2021

Article paru dans le Séquences Bois n°132

Séquences Bois initie cette année, pour la première fois, un classement des agences d’architecture et des bureaux d'études au prisme de leur investissement dans la construction bas carbone, ambitionnant ainsi de valoriser les professionnels les plus prolifiques et engagés dans l’évolution des pratiques constructives vers une architecture plus écologique. 

INTRODUCTION / À l'heure où le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publie un énième rapport alarmant, la nécessité de réduire drastiquement les émissions de carbone réapparait une fois de plus comme une priorité absolue pour sauvegarder l’habitabilité des régions anthropisées. La Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) de la France, publiée en 2015 puis révisée et adoptée en avril 2020, s’est ainsi donné pour objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050, impliquant de diviser les émissions constatées en 1990 par 6, et de multiplier les puits de carbone par 2. Sur le volet des émissions, deux secteurs sont visés : l’industrie, mais surtout le bâtiment, responsable de 38 % des émissions mondiales, d’après le Programme des Nations unies pour l’environnement. Les émissions de ce secteur devront donc être réduites de 49 % d’ici à 2030, et atteindre la neutralité en 2050. Au-delà de la maitrise des consommations, ces objectifs impliquent deux démarches : substituer des matériaux peu émissifs (comme les matériaux éco-sourcés) aux matériaux fortement carbonés (issus de la pétrochimie ou transformés/chauffés à haute température), et séquestrer le carbone dans les matériaux qui le permettent naturellement (encore une fois, les matériaux biosourcés). Selon l’Institut Français pour la performance du bâtiment (IFPEB), ce type de substitution représente un gain carbone potentiel de l’ordre de 60 %. La nouvelle réglementation environnementale, qui sera mise en application dès janvier 2022, incorpore cet objectif en entérinant, en exclusivité mondiale, le principe d’analyse de cycle de vie, et plus particulièrement l’analyse de cycle de vie dynamique, méthode de calcul qui prend en compte la capacité de stockage du carbone dans les matériaux biosourcés.

Si certains concepteurs avaient amorcé ce virage il y a plusieurs décennies, une généralisation du recours aux biosourcés sera inévitable à partir de 2022. « Il est attendu une forte croissance de la consommation de charpentes dont les volumes seraient multipliés par plus de trois entre 2015 et 2035 », mentionne l’étude prospective réalisée par l’ADEME, France Bois Forêt et le CODIFAB. « Les volumes de produits bois doivent augmenter d’environ 60 % à horizon 2030 et être multipliés par 2,5 à l’horizon 2050 par rapport à 2020 », complète le rapport de la SNBC. Néanmoins, ce changement de paradigme nécessite des compétences, des savoir-faire, la substitution d’un matériau par un autre n’étant pas aussi simple que l’expression le suggère. Les structures se conçoivent d’une manière très différente, le comportement des matériaux et les points de vigilance sont singuliers, les complexes de parois sont à réinventer, les chantiers et l’allotissement se déroulent et se conçoivent autrement. Ainsi, la formation et l’expérience des maîtres d’œuvre – architectes et ingénieurs – sont très attendues, et sont absolument fondamentales, au-delà des objectifs politiques et de la disponibilité des matériaux. Car leur revient la responsabilité de faire la synthèse entre des contextes économiques, des programmes, des configurations spatiales, et des modes de construction peu énergivores, pour traduire ces objectifs en réalisation concrètes et surtout, en architecture, et non en simples puits de carbone.

C’est pourquoi Séquences Bois initie cette année, pour la première fois, un classement des agences d’architecture et des bureaux d'études au prisme de leur investissement dans la construction bas carbone, ambitionnant ainsi de valoriser les professionnels les plus prolifiques et engagés dans l’évolution des pratiques constructives vers une architecture plus écologique. Au-delà du classement, cet outil devient un annuaire précieux pour les maîtres d’ouvrage à la recherche de maîtres d’œuvre compétents et expérimentés. S’il n’est pas exhaustif à l’heure actuelle, car soumis au volontarisme des maîtres d’œuvre, il vise à s’étoffer au fil des années.

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