LABELLISATION : Le bois de Chartreuse, 1er bois français AOC

Rédigé par Sarah ADOR
Publié le 08/11/2018

Le 23 octobre 2018, après plus de dix ans d’efforts, la Chartreuse est devenue la première aire géographique à labelliser sa production de bois sous une Appellation d’Origine Contrôlée (AOC). Sur impulsion du Parc Naturel Régional de Chartreuse, situé entre l’Isère et la Savoie, le Comité Interprofessionnel des Bois de Chartreuse, regroupant plus de 400 acteurs locaux, avait été créé en 2006 pour engager une démarche de reconnaissance de la qualité spécifique de son bois. En effet, celui-ci est apprécié depuis le XVIIe siècle, époque à laquelle il était employé pour la construction des mâts de la Marine Royale.

La qualité du bois chartreux est due aux caractéristiques naturelles du massif forestier, conjuguées à une sylviculture fine et à des savoir-faire séculaires. En effet, ainsi que le rappelle Jeanne-Véronique Davesne, coordinatrice du Comité, certaines spécificités du milieu, particulièrement humide et pentu, au sol de grande qualité, ont induit des pratiques humaines qualitatives : les pentes étant non mécanisables, les sylviculteurs procèdent à des coupes choisies, parmi les individus d’une forêt qui se régénère naturellement, permettant une bonne gestion de la luminosité. Les résineux ont le temps de pousser lentement, dans un écosystème idéal, facteurs qui leur assurent une robustesse et une rectitude remarquables, sur de grandes longueurs. 

Les épicéas et grands sapins de Chartreuse se destinent ainsi particulièrement à la construction, en tant que bois massifs de structure, sous forme de « sciages et de bois ronds écorcés manuellement », nous informe le site internet de l’AOC. Ces produits typiques, de qualité reconnue par l’INAO (Institut NAtional de l’Origine et de la qualité) seront disponibles à partir du second semestre 2019. Le Comité Interprofessionnel Bois de Chartreuse et l’organisme de certification Qualisud seront chargés de vérifier le respect du cahier des charges de cette appellation. La démarche, parce qu’elle est délimitée géographiquement, induira des partenariats entre les sylviculteurs et les 19 scieurs locaux, ce qui favorisera les circuits courts et, grâce à une économie de transports, les réductions d’émission de carbone. On espère que l’initiative incitera d’autres régions à faire de même, car la relocalisation de la production des matériaux est particulièrement pertinente et souhaitable à l'heure actuelle, d'un point de vue social, économique et écologique. 

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