TROPHÉES SÉQUENCES BOIS / LAURÉAT CIRCUIT COURT - Interview

Rédigé par Sarah ADOR
Publié le 11/09/2020

LAURÉAT CATÉGORIE CIRCUIT COURT
Quai de transfert de l’Écosite du Fenat
Villard-de-Lans (38)

atelier png
+ Bernard Schmitt (BE Vessiere)
+ entreprise John Sauvajon

Destiné à gérer durablement les ressources et déchets sur le plateau du Vercors, l’équipement qui prend place au sein de l’Ecosite du Fenat émerge littéralement de son territoire. 

Grand propriétaire forestier disposant d’épicéa et de sapin utilisable en bois d’œuvre, la communauté de communes a pu fournir au projet d’importantes ressources à ce projet dont les éléments bois ont tous été sciés, débités et transformés sur le plateau du Vercors. À partir de cette opportunité, qui était aussi une volonté de la maîtrise d’ouvrage, les architectes ont tenu à co-concevoir le projet avec trois préceptes : employer le bois chaque fois que cela était possible, penser les ouvrages en fonction des contraintes et qualité des essences disponibles localement, et recourir à des transformations cohérentes avec les savoir-faire et outils des artisans locaux. En charpente, la résistance naturelle du bois a permis de l’utiliser massif et sans contrecollage, mais les dimensions ont été définies en fonction de la longueur du banc de sciage du charpentier-scieur-ébéniste John Sauvajon, par ailleurs père du forestier-bûcheron Gérard Sauvajon, qui a fourni le bois. « En 2016, nous avons eu la chance de faire une belle rencontre sur le plateau du Vercors, deux co-producteurs, le cueilleur et le charpentier, père et fils » raconte Atelier png. L’épicéa n’étant cependant pas adapté à un usage en bardage extérieur à cause de sa sensibilité aux intempéries, le charpentier, l’ingénieur structure et le bureau de contrôle ont convenu d’une solution compatible avec le climat : utiliser le bois brut de sciage pour limiter l’ouverture des pores du bois, le choisir non déligné pour limiter les transformations et conserver un état brut en extérieur, le mettre en œuvre de manière espacée pour optimiser un séchage naturel, et le pencher pour limiter l’exposition à la pluie, ce qui le rend acceptable aux yeux de la norme. Ce sujet a fait l’objet de prototypes, puis de préfabrication. L’ensemble repose sur un socle en béton préfabriqué, plus susceptible d’amortir les chocs propres à l’activité. Dans les bureaux, où le bois est particulièrement présent sous forme de cloisonnements et dans les menuiseries extérieures, les détails mis au point avec le charpentier-menuisier brouillent la distinction entre vantaux et parties fixes.

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